Le Président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé, lors de sa visite effectuée hier, mardi 24 février 2026, à la Société Ellouhoum d’El Wardia, que l’ensemble des crimes et des transactions suspectes sont documentés.
Il a indiqué que des plans visant à céder l’entreprise avaient été élaborés à travers la modification de son statut juridique dès les années 1990, des pratiques qui se sont poursuivies et aggravées après 2010.
Le Chef de l’État a révélé des tentatives de privatisation de la société au profit de particuliers et de banques depuis 1996, déclarant : « Il y avait un programme de cession, et des parties ainsi que des sociétés sont intervenues pour consacrer la corruption, avec le décaissement de sommes considérables sous couvert d’études fictives qui n’ont jamais été réalisées sur le terrain ».
Kaïs Saïed a tenu toutes les parties pour responsables de la situation actuelle de l’entreprise, critiquant vivement la dégradation de la propreté, la propagation des maladies et l’état délabré des infrastructures de l’abattoir. Il a également dénoncé l’abattage des femelles bovines et ovines, y voyant une tentative délibérée de détruire le cheptel national et la production locale.
Le Président de la République a fustigé le phénomène de la spéculation et la mainmise de « hors-la-loi » et de réseaux de transactions douteuses, révélant l’existence de réseaux imbriqués au sein de l’administration et de l’abattoir, qui s’emploient à écouler des viandes avariées et impropres à la consommation.
Il a ajouté : « Des pressions ont été exercées récemment pour empêcher l’importation de viandes. Il s’agit d’un vaste complot visant le cheptel, et d’un dossier de corruption bien plus profond qu’il n’y paraît ».
Le discours présidentiel n’a pas manqué d’évoquer l’extension de la corruption aux viandes destinées aux animaux du parc du Belvédère, commentant : « Même les animaux n’ont pas été épargnés par ces abus ».
Kaïs Saïed a conclu sa visite en réaffirmant qu’il n’est nullement question de céder les entreprises publiques, insistant sur la poursuite de leur assainissement des « corrompus et saboteurs », citant en exemple la reprise d’activité d’autres institutions nationales telles que la Société du sucre et l’usine sidérurgique.