Économie

THAMM+ : un pont professionnel entre la Tunisie et la France d’ici 2030

 Une nouvelle phase s’ouvre dans la coopération tuniso-française en matière d’emploi. 

D’ici 2029, près de 2500 travailleurs tunisiens devraient rejoindre la France dans le cadre de la deuxième phase du programme THAMM+, consacré à la migration professionnelle encadrée.
Annoncé par le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, ce dispositif vise à répondre aux besoins du marché français tout en renforçant l’employabilité en Tunisie.
Le programme cible en priorité les métiers où la pénurie de main-d’œuvre reste importante en France. Sont principalement concernés l’agriculture, l’industrie, le transport et la logistique, l’aide à la personne ainsi que la restauration et le tourisme.
Cette nouvelle phase, qui s’étend de 2026 à 2030, ambitionne d’élargir les acquis de la première étape du projet, durant laquelle plus de 500 Tunisiens ont déjà bénéficié d’opportunités d’emploi en France.
Au cœur du projet, les autorités mettent en avant la notion de migration circulaire : permettre aux travailleurs tunisiens d’acquérir une expérience professionnelle en France avant de revenir en Tunisie avec des compétences renforcées.
L’objectif affiché est double : répondre aux besoins des entreprises françaises tout en évacuant le risque de fuite durable des compétences tunisiennes. Didier Leschi a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un mouvement à sens unique, mais d’un mécanisme pensé pour profiter aux deux pays.
Le responsable français a également alerté sur les dangers de l’immigration irrégulière, rappelant que les voies légales et structurées demeurent la priorité. En 2025, la France a délivré plus de 20.000 titres de séjour à des ressortissants tunisiens, preuve selon lui que les canaux officiels restent ouverts pour les profils répondant aux besoins du marché.
Au-delà des recrutements, THAMM+ se veut aussi un outil de montée en compétences. 
Le programme prévoit un accompagnement autour de la formation, de la préparation aux missions et de l’intégration, afin de favoriser des parcours professionnels solides et de limiter les situations de précarité. Une orientation qui place l’emploi légal au cœur du partenariat entre Tunis, Paris et l’Union européenne.